Histoire de Trôo
Parmi ses objectifs, l'association Au Coeur de Trôo effectue en permanence des recherches pour enrichir la base documentaire de l'histoire de la cité médiévale et troglodytique de Trôo. Les informations présentes dans cette page sont issues de cette activité de recherche.
Si vous avez des informations intéressantes ou des documents, photos ou cartes postales, merci de nous les adresser.
Le Monument Bourdelle
Le pittoresque village de Trôo peut s'enorgueillir de posséder un monument du célèbre sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929). On peut se demander pourquoi et comment cette modeste commune qui comptait 737 habitants à la veille de la Grande Guerre a obtenu le privilège d'un tel choix ?
Élève de Rodin, en 1893 il entame une collaboration avec son maître qui durera jusqu'en 1908. Bourdelle élaborera de nombreux projets de monuments. Certains ne seront pas réalisés, restant à l'état de croquis, d'ébauches, d'autres seront même inaugurés après sa mort.
En 1920, année au cours de laquelle Antoine Bourdelle effectue plusieurs séjours en vallée du Loir chez son ami, Auguste Arnault, journaliste politique, il découvre le charmant village de Trôo, ses habitants, et accepte cette commande de monument par amitié pour son ami. En octobre 1920, il expose sa conception du monument au maire Mr Mathieu et au conseil municipal. L'artiste est alors au faîte de sa gloire.
Le chantier du monument aux morts de Trôo commence en août 1922. La sculpture fut, pour l'essentiel, réalisée par Bänminger, élève de Bourdelle. Toutefois, après la pentecôte 1923, Bourdelle vient parfaire lui-même le travail sur le site. Il profite de la magnifique maison de son ami (L'Ariana) et parcourt en tous sens le village dont il tombe sous le charme.
Pommes et raisins entourent un casque de poilu, allusion au cidre et au vin que les habitants élevaient dans leurs caves. D'ailleurs, dans l'un de ses carnets retrouvés au musée Bourdelle à Paris, il écrit : "Comment donc ne pas s'attacher à votre ville labyrinthe, à ses sentiers bordés de pommes et de lourds paniers de raisins, à ses sentes d'enchantement avec leurs caves en étages où le cidre et le vin fermentent : tout cela grise la colline, quel passant pourrait résister?"
Les marches du monument sont réalisées en pierre blanche et calcaire de Lens près deNîmes et les marches sont en pierre dure de Chauvigny, une commune de la Vienne. Et le monument a été réalisé avec la pierre de Lens (près de Nîmes). A l'arrière, il a signé le monument avec ses initiales : A et B couchés.
Il porte l'inscription suivante : « A nos morts de la grande guerre, la commune de Trôo » et 25 noms sont ciselés dans la pierre.
Le monument, finement et sobrement décoré, sera inauguré le 18 juillet 1923 en présence des deux amis. Le conseil municipal décida de donner à la place le nom de Bourdelle et à la rue Basse, celui d'Auguste Arnault. C'est le sculpteur qui en conçut les plaques de bronze.
Depuis le 1er janvier 2021, le monument est inscrit sur la liste des monuments historiques par le Ministère de la Culture.
La Motte castrale et Le Louvre
Vers la fin du Xe siècle, on commence à élever de nombreuses mottes castrales sous la pression des invasions mais encore sous l’émancipation des seigneurs locaux qui reprennent à leur charge la défense du territoire. Elle est composée de terres argilo-siliceuses et de cailloux. Sa circonférence est de 170 m à la base et de 70m à la plate-forme. Elle s'élève de 14m au-dessus de la falaise, 60m au-dessus du Loir et 126m au-dessus de la mer. Une galerie venant des caforts (refuges souterrains) consistant en un long couloir de 70 cm de large aboutit sous cette motte (peut-être pour le ravitaillement des combattants). Cette motte artificielle dont la terre provient des déblais des douves de l'enceinte, fut certainement élevée à l'époque de Geoffroy Martel (comte d'Anjou et de Vendôme) vers 1050 pour servir de base à une puissante tour de bois défendant les pentes sud du bourg et offrant un observatoire sur toute la vallée, entourée d'enceintes de pieux en bois.
Le paysage du haut de la motte est d'ailleurs classé par les Beaux Arts.
Entre 1121 et 1124, Foulques-le-Jeune, comte d'Anjou, de Touraine et du Maine (par son mariage avec Arembourg du Maine), petit neveu de Geoffroy Martel, édifie une nouvelle enceinte pour se protéger des Anglais (Duché de Normandie) et remplace la tour en bois par un donjon rectangulaire de 14m sur 10m qu'il édifia à l'ouest de la motte : le château de Trou (ancien nom du village). Entre temps, Henri II d'Angleterre épouse Aliénor d'Aquitaine en 1154 et tout l'ouest de la France actuelle devient anglais.
Après de multiples batailles entre le roi de France (Philippe-Auguste), Richard cœur de Lion et Henri II (roi d'Angleterre), Philippe Auguste en 1190 garda plusieurs villes dont Trou. C'est à ce moment là que, le roi de France donna le nom de « Louvre » au château alors qu'il venait de lancer la construction du château du Louvre à Paris (1190-1202).
En 1194, Richard cœur de Lion après la bataille de Fréteval où il sort vainqueur, reprend Vendôme et Trôo. En devenant anglais, le village de Trou devient alors Troo.
En 1199, à la mort de Richard Coeur de Lion, Jean sans terre devient roi d'Angleterre et s'occupe particulièrement de Trôo qu'il a assigné en dot à la reine Isabelle, son épouse. Il est probable que celle-ci fît (au moins un temps) sa résidence au château du Louvre de Trôo car il a été écrit que le château fût habité jadis par une très grande reine dont les domaines s'étendaient jusqu'à la mer.
Philippe Auguste récupéra la Normandie, l'Aquitaine et le Maine (dont Trôo) en 1204.
Au 16éme siècle, durant les guerres de religion, la motte castrale a servi aux supplices et exécutions.
En 1547, séjournèrent Jeanne d'Albret et Antoine de Bourbon, roi de Navarre, duc de Vendôme et parents d'Henri IV dans le manoir du Louvre.
Le 4 janvier 1548, un calviniste nommé « Le Grandami » fût brûlé vif au sommet de la motte. Et un autre Huguenot, Jean Leclerc, cardeur de laine, y fût quelques mois plus tard, fouetté de verges et marqué d'une fleur de lys et finalement pendu pour avoir dit que le pape était l'antéchrist.
En 1576, malgré la réparation des fossés, des remparts, le renfort et la surélévation d'un étage de la porte à l'ouest, les Huguenots saccagèrent la cité et la collégiale.
En 1590, la paix rétablie avec l'avènement d'Henri IV, il décida la destruction du donjon et des fortifications qui l'entouraient.
En 1793, un feu de joie y consuma des parchemins détestés, les titres féodaux enlevés aux archives de la ville.
Au 19ème siècle, le Louvre actuel fut reconstruit.
L'instituteur Léon Aubry, auteur en 1909 du 1er guide de Trôo, recommandait aux touristes d'admirer le paysage la tête entre les jambes pour jouir d'une sensation curieuse de l'illusion de la mer.
L'ensemble du système défensif de la commune de Trôo (dont la motte castrale) est classé Monument Historique depuis le 19 décembre 2008.
La Collégiale Saint Martin
Elle fut bâtie en forme de croix latine et consacrée à St. Martin, vers 1049 par Geoffroy Martel, comte de Vendôme et d’Anjou.
Rebâtie au 12éme siècle dans le style gothique angevin (clé de voûte plus bombée que le style gothique classique) en pierre de taille du sous-sol de Trôo par Geoffroy V Plantagenêt dit le Bel, comte d'Anjou et du Maine. La façade est de style roman avec une grande fenêtre surplombant le portail, encadrée de puissants contreforts.
Remaniée au 13ème, 14ème et 16ème siècles, son clocher probablement surmonté d'une flèche de pierre octogonale à quatre clochetons fut brûlé par la foudre en 1737 et remplacé par un clocher moins élancé. A droite du cadran solaire, sur 5 pierres sont gravées les mots suivants :
« Le feu du ciel a pris sur le clocher le 25 mars 1737 jour de l'annonciation. Signé René Mandroux 1737 »
De chaque côté de l'entrée, ont été placés le bénitier et les fonds baptismaux en marbre qui ont été offerts à la collégiale de Trôo en 1687 par un secrétaire de Louis XIV, le sieur Daumier, pour remercier Dieu de l’avoir sauvé d’un naufrage. Pourquoi à Trôo ? Tout simplement car les parents du sieur Daumier ou Daullier habitaient « le pont granger », hameau du village.
La collégiale (siège du collège de chanoines) a fière allure avec sa nef à deux travées voûtées sur arcs d’ogives et son transept aux piliers surmontés de chapiteaux sculptés de personnages et animaux stylisés.
A gauche, le transept nord ouvrait sur une chapelle aujourd'hui ruinée dédiée à Notre-Dame de Pitié. Il possède la gracieuse statue en marbre de Notre-Dame des Marchais dont les ruines se trouvent à 500m restaurée en partie et devenue demeure particulière.
Le Chœur, espace strictement réservé aux chanoines, possède de magnifiques stalles en bois fabriquées au 15ème siècle par un huchier (ouvrier fabriquant des meubles dans les églises). Il donnait libre cours à sa fantaisie en sculptant les miséricordes et les appuis-main, en représentant les faiblesses humaines et différentes sortes de folie (par exemple, ce personnage qui a les fesses à l'air et est en train de déféquer). Les miséricordes se présentent sous la forme de petits sièges pliants permettant aux chanoines de se reposer pendant les périodes des offices où il faut rester debout.
L'abside date du 14ème siècle. Elle comprend un élégant gable gothique de la même époque (fronton triangulaire décoratif qui couronne habituellement un portail ou un tombeau) avec ses deux pilastres terminées en forme de clochetons et ornées de trèfles et de choux frisés. C'est ici celui du tombeau de Monseigneur Gauguel (évêque du Mans). Au-dessous, se trouve la statue de Saint Martin à cheval, en terre cuite peinte du 17eme siècle qui retrace l'épisode où il donne la moitié de son manteau à un pauvre transi de froid à la porte d'Amiens. Dans l'armée romaine, l'équipement appartenait pour moitié à l'armée et l'autre aux légionnaires. C'est pour cela qu'il ne lui donna qu'une partie de son manteau. Les vitraux sont du 19eme siècle. Admirons la clé de voûte de 24m ornée d'un joli polychrome du Christ enseignant.
Un jubé orné de panneaux ajourés et finement sculptés séparait autrefois le chœur de la nef. Il y a un siècle, l'abbé Charretier curé de la paroisse pendant 50 ans en retrouvait quelques panneaux dans un jardin proche de la collégiale, installés en guise de clôture. Il les fît arrachés et restaurés, puis placés à cet endroit.
Dans le transept sud, nous pouvons observer une petite chapelle montée en cul de four avec sa fenêtre romane du 11ème siècle (église primitive).
A droite, la chapelle où se trouve le retable est dédiée aujourd'hui à Saint Sébastien. Autrefois elle portait le nom de Saint Michel pour rappeler le souvenir de celle dédiée au chef des anges, qui se trouvait près de la porte de Sougé).
Une statue en bois représente St. Mamès tenant ses entrailles dans ses mains.
Sous l'époque romaine, ardent défenseur de la foi chrétienne, il fût persécuté et mis en prison. Jeté dans l’arène parmi les fauves, ceux-ci refusèrent de le dévorer. Sur ordre du gouverneur de la place, un soldat l'éventra d'un coup de trident. Saint Mamès, se releva, ramassa ses entrailles et rejoignit une grotte où il mourut.
Cette statue date du 16eme siècle et faisait l'objet de pèlerinage. Les pèlerins venaient l'invoquer pour guérir toutes les maladies du ventre. Ils posaient la main gauche sur les entrailles du saint et la main droite sur leur ventre.
Une épitaphe est rédigée en forme d’acrostiche, sur une plaque de cuivre datée de 1519, à la mémoire du chevecier (supérieur des chanoines) Louis Tourtay (doyen du collège) bienfaiteur. En rassemblant la 1ère lettre de chaque vers, on lit la phrase suivante : LOUYS TOURTAY CHEVECIER DE CEANS.
En sortant, découvrons l'original chemin de croix représentant des mains offert en 2000 par M. Blanquefort, artiste local.
Classée monument historique depuis 1862.
Le Prieuré Notre-Dame des Marchais
En 1124, Foulques le Jeune et sa femme Arrenburge (comtesse du Maine), construirent à Trôo un prieuré dépendant de Marmoutiers qu'ils édifièrent aux Marchais (le Prieuré de Notre Dame des Marchais) et pour le protéger, construirent un mur qui partait de la porte de St Calais et descendait jusqu'à la Gouffrande car il était en dehors des fortifications existantes.
Une statue en marbre de Notre-Dame des Marchais est actuellement installée dans le transept-nord de la collégiale.
Les ruines de ce prieuré ont été restaurées en partie et sont devenues demeure particulière.
Classé Monument Historique depuis 1862.
Les remparts et les portes du village
Geoffroy Martel, comte d'Anjou et de Vendôme, construisit les premiers remparts de la ville Haute vers 1049, après sa conquête du Maine, pour renforcer sa ligne de défense. Les murs de 1,5 à 2 m de large sont bâtis, comme ceux du château de Vendôme, avec des rognons de silex pris dans un mortier à base de chaux et de charbon.
Foulques-le-jeune, sont petit neveu, les renforça en ajoutant 22 tours semi-circulaires tous les 15m et 3 solides tours d’angles de 13 à 16 m de diamètre qui étaient accessibles par des chemins de ronde. De larges fossés complétaient le dispositif en avant des murs des 22 tours qui, faute de protection, ont pour la plupart disparu. Ces travaux ont pour cause, son mariage avec l’héritière du comte du Maine qui le mit en guerre contre le roi de France (Louis VI Le Gros) et le roi d’Angleterre (Henri 1er Beauclair) et Duc de Normandie (plus jeune fils de Guillaume le Conquérant).
Une seconde enceinte, bien visible, à l'est du village, fut élevée au 13éme siècle pour défendre la ville des compagnies de routiers et protéger le prieuré Notre-Dame des Marchais. Elle part de la porte de St Calais et descend jusqu'à la porte Ste Catherine tout en longeant le ravin de la gouffrande (petit ruisseau).
Avec la guerre de Cent ans qui désola la vallée du Loir, les 14eme et 15eme siècles marquèrent la décadence de Trôo.
L'ensemble du système défensif de la commune de Trôo (dont la motte castrale) est classé Monument Historique depuis le 19 décembre 2008.
La porte de Saint Calais
Le Nord de l‘enceinte était la partie la plus exposée car sans obstacles naturels. Une motte artificielle y fut aménagée au 12eme siècle hors enceinte, en cavalier avancé devant la porte dite de Saint-Calais, pour faire écran à des tirs de catapulte. Elle porte le nom de butte de Marcadé, du nom de lieutenant de Richard Cœur de Lion qui devint gouverneur de Trôo en 1194. De 84 m de de circonférence et de 9 m de hauteur vers 1849, la butte n’est plus aujourd’hui, qu’un tas de sable et de pierre accolé à une jolie mare aux grenouilles.
La cure de Trôo (ou presbytère) s’appuyait sur la porte, elle a sans doute été construite à l’emplacement d’un ancien corps de garde du 16eme siècle. Elle fut détruite en 1958. Des souterrains desservaient la maison et le mur d'enceinte. Il s’agissait du logis du Chanoine curé de Trôo, le numéro 2 du collège.
L'ensemble du système défensif de la commune de Trôo (dont la motte castrale) est classé Monument Historique depuis le 19 décembre 2008.
Le Puits qui parle
Ce puits est aussi appelé « Puits de Jacob ».
Son eau a alimenté les habitants de la ville haute (château) jusqu'à l'installation de l'eau courante en 1972. Si sa margelle semble dater du 15eme siècle, il est lui beaucoup plus ancien, du 11eme siècle et de la fondation de la Collégiale. Profond de 45m, creusé dans la roche comme un fût, son fameux écho a donné lieu à d'incroyables légendes dont la plus célèbre est celle d'une jeune femme particulièrement bavarde qui jacassait du matin jusqu'au soir.
Inscrit Monument Historique depuis le 11 mars 1935.
La légende du puits
Le seigneur de Trôo avait une jeune femme fort jolie mais très bavarde qui jacassait du matin au soir. Son seigneur et maitre en devenait malade ! Un jour, excédé, il lui dit : « Si seulement le diable venait, je lui dirais de t’emporter ! »
- M’as-tu appelé ? Me voilà ! lui répondit le diable en arrivant dans un nuage de soufre accompagné d’un grand coup de tonnerre.
- Débarrasse-moi de cette créature, je te la donne, lui répondit l’époux sans plus réfléchir.
Le diable l’a saisie dans ses bras en riant et s’envola par la fenêtre ouverte, content de sa bonne fortune, car elle était jeune et jolie.
Mais croyez-vous que la femme eût peur et qu’elle se tut ? Eh bien non ! Contente d’avoir trouvé un nouvel auditeur, elle se mit à parler de plus belle, de plus en plus fort, de plus en plus vite si bien que le diable étourdi, ainsi excédé, ouvrit les bras et la laissa tomber !
Comme il volait très haut, la femme en tombant fit un trou profond dont elle ne put sortir. Elle ne s’arrêta pas de parler pour autant. Seulement, comme elle ne voyait plus rien ni personne, elle fut réduite à répéter inlassablement ce que les gens disaient en se penchant au bord du trou. Il y a des siècles de cela et cela dure encore.
Essayez donc !
La porte de Sougé et la chapelle St. Michel
La chapelle St. Michel fut construite dans la première partie du 12eme siècle, on peut encore en voir un fenestron. Elle ne possédait qu'une nef et se terminait par un chevet plat.
La porte desservait l’ouest du "château". Son appareil de pierre de tuffeau (calcaire tendre durcissant à l'air), de pierres de grison (amalgame de petits grès pris dans une pâte ferrugineuse de couleur rouge sombre) et de silex rappelle une technique utilisée par les croisées pour l'édification des châteaux du royaume de Jérusalem.
Cette porte date du 12ème siècle (période de Foulques-le-Jeune) et comportait un corps de garde. Au 13ème siècle elle fut remaniée et une tour fut installée.
La porte fut refaite en 1575 au moment des guerres de religion, ainsi que son corps de garde avec cheminée en RDC et, à l’étage, des embrasures de tir adaptées à l’arquebuse d’épaule. Sa voûte, un arc en plein centre, a été détruite vers 1900 pour faciliter le passage des chariots de fourrage.
L'ensemble du système défensif de la commune de Trôo (dont la motte castrale) est classé Monument Historique depuis le 19 décembre 2008.
L'écomusée « Cave des Yuccas »
Du nom des plantes méditerranéennes qui s’y sont établies avec bonheur, cette habitation troglodytique de six pièces fut occupée jusqu’en 1965 par Zéphirin et Désirée Didé, anciens ouvriers agricoles. Ils y élevèrent 6 enfants. Cette cave-habitation a la particularité d’avoir un pigeonnier troglodyte, un four à pain, une fenêtre dans chaque pièce et de jouir de vues sur l’est, le sud et l’ouest. Elle est située au faîte du rocher de St. Gabriel. Elle fut aménagée en écomusée par l’association troglosites de la vallée du Loir en 1999.
Elle a été rénovée en 2025 par l'Association Au Coeur de Trôo, qui la réouverte au public 2 ans après avoir été fermée.
Les habitations troglodytiques
La plupart des habitations troglodytiques se situe au troisième niveau du village. Dans la rue Gouffier et la rue Vendômoise, chaque maison exposée plein sud est une alvéole dans la roche.
Il existe plusieurs types d’habitats troglodytiques : les plus anciens ne possèdent aucun mur construit, ils n’existent que par des fenêtres et des portes percées dans la paroi rocheuse du coteau. Les inconvénients sont multiples : entrée de petite dimension, manque de clarté, risque de rupture dans la roche.
Progressivement, avec l’amélioration des techniques de taille des matériaux de nouvelles constructions apparaissent : les habitats troglodytiques avec la façade rapportée. Ils possèdent un dessus de porte (linteau) de grande portée, on peut alors multiplier les ouvertures et agrandir leurs dimensions. Ils s’enfoncent plus profondément dans la falaise et peuvent également posséder une petite toiture en façade, on parle alors de construction mixte. En général, une cheminée est située à l’entrée.
L’habitat semi-troglodytique se trouve, quant à lui, à mi-chemin entre la cave demeurante et la maison traditionnelle. La cave devient alors un espace annexe à l’habitation.
A l’époque médiévale, la population aurait atteint 5000 habitants. L’habitat troglodytique était le lot des plus pauvres. Jusqu’à ce que les des artistes rémois viennent y installer leur résidence dans l’entre-deux guerres.
L'Escalier et église primitive Saint Gabriel
La statue du Saint marque l’emplacement de ce qui dut être l’ermitage de l’évangélisateur venu de l’abbaye de Marmoutiers, près de Tours.
La chapelle primitive comportait plusieurs niveaux dont un étage intermédiaire qui communiquait avec les souterrains. La statue de l’archange était placée au fond de la roche jusqu’à son éboulement au 19eme siècle. Abandonnée pour le culte depuis longtemps, ce lieu fut l’objet de pèlerinages (le saint ayant dit-on une réputation de guérir des épidémies et d’aider les femmes qui désiraient avoir un enfant) jusqu’en 1864, date de la destruction des restes de la chapelle. La statue que vous apercevez dans la niche est une copie placée en 1998, l’original est exposé à l’entrée de la grotte pétrifiante.
Le vieux Fournil :
Le vieux Fournil de Jérôme est une ancienne boulangerie troglodytique.
Située sous l'escalier saint Gabriel, cette curiosité possède encore son très beau four à pain troglodytique, une rareté. Ce fournil a été utilisé jusqu'au début des années 70 par le boulanger de Trôo. Il a été restauré en 1997. La boutique de ce boulanger était située derrière vous dans la maison qui est au coin de la rue haute et de l'escalier saint Gabriel.
La Fontaine Saint Gabriel :
A côté du fournil de Jérôme, on peut voir la Fontaine Saint Gabriel, qui est en fait un affleurement de la nappe phréatique, et l’une des fontaines les plus importantes parmi les nombreuses que compte le village. Elle est comme les autres intarissable. Cette source a approvisionné la ville basse du village en eau potable jusqu'en 1972, date d'installation de l'eau courante à Trôo ! De plus, le boulanger puisait l’eau de sa pâte dans le bassin du fond et il nettoyait ses toiles dans le bassin latéral.
En 1999, pour fêter le passage en l'an 2000, Philippe Catroux, tailleur de pierre et sculpteur du village de Trôo, a proposé de créer une sculpture qui resterait au fond de cette fontaine pour l'éternité... Penchez vous et vous apercevrez le gisant d'un chevalier qu'il a créé. Il a représenté un chevalier mort au combat durant la guerre de cent ans qui a fait rage dans la région. La statue mesure 90cm et pèse une centaine de kilos. Pour l'installer, la source était vidée grâce à une pompe (10m3 d'eau ont été déplacés pour que la pose du gisant soit possible). La faille alimentant la fontaine ayant la taille d'un bras, toutes les 20 min, il devait vider l'eau arrivant)
Faîtes un vœu et lancez une pièce. Si elle reste sur le gisant, il se réalisera... sinon...
La cave du vigneron :
La cave du vigneron était une cave annexe. Elle n’a jamais servi d’habitation, la preuve en est car il n’y a pas de cheminée à l’entrée comme dans la plupart des habitations troglodytiques. De plus, la seule ouverture sur l’extérieur est constituée par la porte. Elle a appartenu jusqu’en 1996 à une famille de vignerons. La commune en est propriétaire à présent.
En Vallée du Loir de très nombreuses familles possédaient une ou plusieurs vignes, une cave annexe était donc indispensable pour y faire « travailler » le vin et conserver le précieux breuvage dans de bonnes conditions. Température fraîche et constante et peu de lumière. On trouve encore de nombreux pressoirs taillés dans le roc à l’entrée des caves.
Trôo et ses hameaux témoignent d’un passé viticole important jusqu’en 1881 et le phylloxera. Il restait encore, en 1960, 27 hectares de vignes exploitées autour du village qui disparurent avec les primes à l’arrachage.
Les caforts
Les caforts de Trôo, contraction de caves fortes sont une curiosité. Leur ancienneté remonterait à l’époque gauloise ou au haut Moyen-Age. Un fait caractéristique à Trôo est la communication de presque toutes les caves entre elles par un souterrain et leur débouché définitif sur une immense salle : le grand refuge !
Certains de ces carrefours spacieux portaient des noms pittoresques comme le Grand Dansoué et le Petit Dansoué (des salles de bal), le quartier du roi où les Prussiens avaient fait des prisonniers en 1870 ou encore le grenier à sel. Depuis la plus grande des salles, le cafort monte en un long couloir de 70 cm en largeur, aboutissant jusque sous la butte pour atteindre la motte féodale.
Il existe 6 kms de galeries dont certaines pourraient dater du 12eme siècle. C’est dans ce dédale de galeries que la population trouvait, en temps de guerre, un refuge assuré dans les grottes, derrière lesquelles s’ouvraient des asiles secrets.
A certains endroits, ces souterrains comportaient des pièges empêchant l’ennemi de pénétrer dans les refuges. Ces systèmes de défense pouvaient être un trou creusé dans le sol, ou de solides portes avec des fermetures avec des rondins de bois. Certains de ces souterrains partaient à angle droit ce qui obligeait les assaillants à entrer un par un, lesquels étaient attendus au détour.
Une des entrées des caforts, outre celle que l’on peut voir au jardin des caforts, se situait dans la rue Haute, vers le milieu de l’escalier Saint Gabriel et vers la cave du vigneron.
L’escalier de la Barque et le pont
L’escalier de la Barque descend de la rue Haute jusqu’à la place de la Libération. Il est appelé ainsi car jusqu’en 1832, c’était un passeur qui permettait de traverser le Loir pour aller à St. Jaques des Guérets.
Le droit au bac avait été retenu en 1718 par les seigneurs de Montoire et de Trôo. En 1789, au moment de la révolution, le bac appartenait à Michel Augustin Belin de Chantemesle, officier de Monsieur (frère de Louis XVI) qui avait épousé à Trôo le 31 mai 1779 Jeanne-Renée Loret. Il devient domaine national.
En 1832, un pont de bois remplaça le bac.
Détruit en 1870, avant l’arrivée des Prussiens, il fut réparé en 1885. Plus tard, il s’effondra sous une carriole. C’est la société Eiffel qui remplaça le pont de bois par un ouvrage métallique du type de celui que l’on peut encore emprunter aux Roches L’Evêque.
Le trafic engendré par le silo proche de la gare et, ensuite, par l’exploitation du sable de la vallée rendront nécessaire l’édification d’un pont à deux travées, renforcé par une pile centrale.
En 1976, le pont actuel remplace le pont Eiffel.
La Maladrerie Sainte Catherine
Élevée à la fin du 12eme siècle, ses 21 m de long sont parés d’élégantes arcatures qui rappellent celles du clocher de la collégiale. Elle était située à l’extérieur des remparts du village, près de la porte et de la fontaine du même nom pour ne pas que les malades entrent dans le village. Elle est de style roman et possédait une chapelle dédiée à Sainte-Catherine dont on peut voir encore dans la façade Est du monument subsistant, la fenêtre ogivale qui est seulement du 13ème siècle. C'est dans cette chapelle que les cérémonies étaient effectuées.
La Maladrerie ou Hôtel-Dieu accueillait les pèlerins qui se rendaient à St. Martin de Tours, à St. Jacques de Compostelle mais aussi les pèlerinages locaux. L’Hôtel-Dieu subsista comme hôpital jusqu’en 1700 où deux lits furent attribués aux Troiens dans l’hôpital de Montoire ensuite.
Ce qui restait de la Maladrerie fut vendu en 1792 pour 40 livres.
En 1882, un maréchal-ferrant avait établi sa forge.
Elle a été classée monument historique en 1889 pour en sauver les ruines, une association a permis d’en restaurer la façade en 2005.
L'ancienne chapelle Saint Jacques :
Une chapelle St. Jacques et sa crypte, chapelle des pèlerins qui se rendaient à St. Martin de Tours, à St. Jacques de Compostelle mais aussi pèlerinages locaux, auraient été situées à l’emplacement de l’actuelle auberge Sainte-Catherine. A l'époque, le bâtiment qui se trouve devant la chapelle et qui héberge la salle du restaurant n'existait pas. De plus, le sol était bien plus bas.
Cette chapelle dépendait de la Maladrerie qui accueillait les lépreux qui ne pouvaient pas rentrer dans le village. Il n'est plus possible de voir ces cryptes car un éboulement empêche d'y accéder aujourd'hui. Si vous allez déjeuner ou dîner dans ce restaurant, vous aurez la chance de voir les ogives de la chapelle restant aux plafonds, au fond de la salle du restaurant. Elles datent du 12ème siècle.
La Grotte pétrifiante
C’est le plus ancien site touristique du village de Trôo. Déjà ouverte au public au début du XXe siècle, ce petit espace, dédié au long travail des eaux calcaires, est intéressant au niveau touristique, bien sûr, mais également au point de vue géologique. On peut y découvrir des stalactites, les vestiges de l'ancienne chapelle Saint-Gabriel, sa vasque pétrifiée et tout le magnifique travail de l'eau sur le tuffeau (roche calcaire locale) depuis 1864.
La grotte possède des ressources en eau non négligeable ; cette eau, provenant de diverses sources dont on ne connaît pas les origines exactes et qui s'écoule du centre de la Butte qui est extrêmement chargée en calcaire. La vallée du Loir était, il y a 90 millions d'années, une immense mer intérieure, d'où les cavités qui ont été creusées tout au long de son lit.
Pourquoi pétrifiante ? L’eau, chargée de dioxyde de carbone, dissout le calcaire des roches qu’elle traverse et, en arrivant au contact de l’air, plus chaud, des cavités, elle dépose la calcite transportée. Celle-ci s’accumule en stalactites aux endroits où l’eau se détache du plafond et en drapés sur les parois.
La promenade du chemin de fer :
La ligne de chemin de fer de Vendôme à Pont de Braye a été transformée en promenade au bord du Loir. On peut la prendre face à l'hôtel du Cheval Blanc et la remonter jusqu'à la gare, soit par l'est du village (en sortant du village en passant devant la maladrerie sur la droite, près de l'entrée de la Guinguette des Iles de Trôo) et remonter cette promenade jusqu'au pont face à l'hôtel du cheval Blanc.
La gare de Trôo
Elle est sur la commune de St Quentin les Trôo. Elle était située entre Blois et Pont de Braye (en passant par Vendôme et Montoire) et fut inaugurée en 1881. Elle permettait aux Parisiens d'arriver à Trôo en empruntant la ligne Paris/Bordeaux jusqu'à Blois puis la ligne de Blois à Trôo. Cette gare a été restaurée par l'association du TTVL (Train Touristique de la Vallée du Loir) en 1993, et gérée par l'Amicale de la gare de Trôo et l'utilise comme point d'étape d'un ancien autorail des années 50 qui part de Thoré-la-Rochette et vient jusqu'à Trôo. Si vous souhaitez effectuer ce voyage de 2h45, rendez-vous à la gare de Thoré-la-Rochette où vous avez des départs les week-ends de juin à septembre et certains autres jours en été : http://www.ttvl.fr
Les Areineries :
Au coin des Ruelles, sur un mur de la place de la mairie est apposée une plaque qui commémore le sauvetage d'une vingtaine d'enfants juifs cachés de 1942 à 1944 dans les familles de la région. Les Ruelles desservaient les Areineries, l'ancien quartier Est de Trôo, très peuplé jusqu'à l'incendie que Philippe-Auguste fit subir à la ville basse en 1188 et aux razzias des routiers du 14ème siècle. Une maison Renaissance, « l'aître Billebare » a été reconstruite dans les années 60 est située à côté d'un ancien cimetière, d'un hôpital (dite cave graffin) et d'une chapelle troglodyte. L'ensemble est à présent propriété privée. Les Ruelles se transforment en sentier champêtre pour remonter jusqu'à la collégiale.
La rue Gouffier et l'escalier de la Chaise du curé :
En descendant, regardez sur votre gauche plusieurs types d’habitats troglodytiques : les plus anciens ne possèdent aucun mur construit, ils n’existent que par des fenêtres et des portes percées dans la paroi rocheuse du coteau. Les inconvénients sont multiples : entrée de petite dimension, manque de clarté, risque de rupture dans la roche.
Progressivement, avec l’amélioration des techniques de taille des matériaux de nouvelles constructions apparaissent : les habitats troglodytiques avec la façade rapportée. Ils possèdent un dessus de porte (linteau) de grande portée, on peut alors multiplier les ouvertures et agrandir leurs dimensions. Ils s’enfoncent plus profondément dans la falaise et peuvent également posséder une petite toiture en façade, on parle alors de construction mixte. En général, une cheminée est située à l’entrée.
A l’époque médiévale, la population aurait atteint 5000 habitants. L’habitat troglodytique était le lot des plus pauvres. Jusqu’à ce que les des artistes parisiens viennent y installer leur résidence dans l’entre-deux guerres.
Petite légende : Pourquoi cet escalier porte ce nom ?
Tout simplement car notre bon curé de Trôo après l'école descendait par cet escalier pour aller boire un petit verre à l'un des cafés du village. En remontant, l'ascension était si difficile, qu'il s'arrêtait toujours au même endroit pour se reposer. Cette pierre possède à jamais l'empreinte de son derrière.
La Croix Saint Martin :
La Croix de pierre St Martin que l'on trouve sur le chemin de Trôo à Sougé est située au 161 chemin de Rome. Elle est du 12ème siècle.
Présente sur l'ancien chemin de Sougé et sur le chemin de randonnée GR 35, cette croix de pierre où Saint-Martin à cheval figure dans un médaillon, constituait pour les voyageurs la promesse d'un proche refuge au sein des murailles.
Inscrite Monument Historique le 19 octobre 1928.
La Cave Chopin :
C'était une cave annexe avec son pressoir à l'entrée à gauche qui a appartenu à une famille de vignerons. Les propriétaires sont aujourd'hui M et Mme Chopin d'où son nom.
La rue Haute et l'hôtel de la Boule d'or
La rue Haute s'appelait autrefois "la rue du milieu".
Elle rassemble beaucoup de maisons troglodytiques et de caves et traverse le village d'ouest en est.
C'est dans cette rue que se trouvait l'église troglodytique primitive de Trôo : la chapelle Saint Gabriel. C'est aussi dans cette rue que l'on trouve le vieux fournil de Jérôme (ancienne boulangerie troglodytique) et la Source (Puits qui alimentait la ville basse en eau potable jusque dans les années 70).
Sur cette place Sainte Catherine, l'hôtel de la boule d'or des années 1920/1930, a été remplacé ensuite par une boucherie puis c'est devenu des chambres d'hôtes (Le Bis'troo, puis le café couette jusqu'en 2023).
Le chemin des tombelles :
Les tombelles, désignées aussi sous le nom de tumulus, sont des éminences à base le plus souvent circulaire, quelquefois elliptique, carrée, ou aussi de la forme d’un parallélogramme ou d’un rectangle.
A Trôo, le chemin des Tombelles est effectivement circulaire et permet d'accéder aux deux mottes féodales présentes dans la ville Haute de Trôo : celle près de la collégiale et la seconde (qui a disparue) près de la porte de Saint-Calais.
L'ancien café des caves :
Jusqu'à la fin du 20ème siècle, Trôo possédait une quinzaine de cafés. Celui-ci était assez populaire car troglodytique.
La partie gauche de la cave abritait la pièce d’habitation et elle était séparée de la partie droite (la cave proprement dite) par un mur percé d’une porte.
Dans cette partie droite, se trouvait un ancien atelier de tisserand dont le fond communiquait avec le réseau des Caforts.
La rue Basse (ou rue Auguste Arnault) :
La rue Auguste Arnault s'appelait autrefois la rue basse.
Elle a été renommée en l'honneur du journaliste-écrivain qui habitait le village, à l'Ariana.
C'est par amitié pour lui, qu'Antoine Bourdelle, célèbre sculpteur et élève de Rodin, accepta de sculpter le monument aux morts présent à côté de la collégiale.
Cette rue était remplie de commerces dans les années 50/60.
l’église Saint Jacques des Guérets :
Les peintures murales, des XIIè et XIIIè s., ont été découvertes en 1890-1891. La variété des scènes, la richesse des coloris (palette de couleurs exceptionnelle avec l’emploi de lapis-lazuli) en font un des ensembles majeurs de la vallée du Loir.
L’emploi du lapis-lazuli, seul ou associé à d’autres couleurs, a permis une palette exceptionnelle de bleu, d’émeraude, de vert et de violet mis en valeur par les ocres jaune et rouge.
L’église Saint-Jacques est un édifice très simple du XIIè siècle. qui dépendait de l’abbaye Saint-Georges des Bois (dans le Maine-et-Loire).
La façade ouest s’ouvre par un portail en tiers-point surmonté d’un glacis sur modillons, encadré de deux oculi (yeux de boeuf).
La voûte lambrissée, refaite au XVIe s., présente les traces d’un décor peint.
Les enfants juifs cachés à Trôo de 1942 à 1944
Source des informations de cette page : livre de Gérard Ferrant intitulé
"Enfants cachés, enfants sauvés, l'exemple du Loir et Cher" aux éditions Alan SUTTON.
"A la suite de plusieurs rafles à Paris et notamment celle de juillet 1942 au vélodrome d'Hiver, les familles juives tentent par tous les moyens de se soustraire aux arrestations. Individuellement ou grâce à des organismes, elles viendront s'établir en province. Des enfants arrachés à leurs parents seront sauvés par des familles d'accueil, comme à Trôo."
"Ce sont 28 ou 29 enfants, rebaptisés "petits réfugiés de Brest", qui ont fréquenté l'école privée ou l'école publique du village pendant cette période. Tout le monde savait que c'était des enfants juifs, mais il ne fallait pas le dire... Personne ne l'a dit, personne n'a dénoncé qui que soit à la Kommandantur établie en plein cœur du village au château de la Voûte. Tout le monde était au courant, à commencer par le maire qui, quelques semaines avant l'arrivée des premiers enfants, avait reçu un médecin et madame Leclerc, assistante sociale de la Croix-Rouge, afin de dresser une liste de familles d'accueils éventuelles."
Une petite anecdote : "Le Maire, Louis-Paul Pichon, dès l'arrivée des enfants en 1942, envoya une lettre au dispensaire de la rue Amelot signalant qu'en raison de l'embarras de l'utilisation des cartes d'alimentation barrées par le tampon "juif", il fournirait de nouvelles cartes aux enfants sans cette marque rouge."
"C'est le village entier qui était de connivence.
Il faut rendre hommage aux parents nourriciers, des hommes et des femmes simples, dignes, fiers d'avoir accueilli, caché et sauvé ces enfants comme les autres, ces petits juifs parce que cela leur faisait du bien de faire du bien, tout simplement."
Hommage à la commune de Trôo :
Le 28 septembre 1996, une plaque commémorative, apposée place de la Mairie, rappelle qu'entre 1942 et 1944, des enfants juifs ont été accueillis, protégés et sauvés par les habitants de ce village.
Une exposition existe dans la cave de l'association des amis de Trôo sur les enfants cachés de Trôo. Elle va être enrichie grâce au projet AMETIST et pour le devoir de mémoire, sera de nouveau visible par le public en 2026 ou 2027.